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 22ème édition: Jacques Desablens- part 2

Jacques Desablens est attaché à sa région et à sa ville. Comme architecte, le patrimoine ne lDPP_2064e laisse pas indifférent, loin s’en faut, et il s’implique pour affirmer la nécessité d’une architecture contemporaine porteuse de sens et de responsabilité. A sa manière, il a voulu garder une trace de la clinique Saint-Georges en fixant par l’image sa destruction. Il a capté les derniers moments d’une construction ancrée sur les quais de l’Escaut. Ses clichés suggèrent la violence des explosions, le bruit de la dislocation. Il a suspendu les instants de l’inéluctable qui libèrent des mètres carrés au sol mais détruisent les traces matérielles d’espoirs de guérison, de rémissions,

d’éveils et de derniers instants et ce avec sa sensibilité particulière de photographe.

Jacky Legge

 

 21ème édition: Jacques Desablens – part 1

Jacques Desablens explore le domaine infini de la photographie et aime partager le fruit de ses découvertes. Il se fixe un thème et se laisse porter par lui, ce qui lui permet de dépasser ses a priori et ses certitudes ; c’est le sujet qui l’encourage à approcher tantôt les lignes, tantôt les matières, tantôt les nuances de lumière. Pour la série consacrée aux carrières du Tournaisis, Jacques Desablens a déambulé dans des secteurs encore en activité, avec l’humain bien présent tant par sa présence physique que par ses outils ou les véhicules qu’il conduit. Le photographe s’est aussi aventuré dans des parties laissées à l’abandon, et là, c’est sans doute le passage du temps qui devient le thème central des prises de vue. Les photos de Jacques Desablens ne sont pas des hymnes à l’exploitation de la pierre, chacune est un témoin sensible du travail qu’elle engendre et de la trace qu’elle laisse dans le paysage. À nous de mieux regarder. Ainsi, la juste mesure de la paroi de pierre ne se perçoit qu’au vu du minuscule camion accroché à sa route industrielle.

Merci, Jacques, de nous amener en beauté et en force dans des lieux généralement inaccessibles.

Jacky Legge

 

 20ème édition: Benoît Dochy

Benoît Dochy est un arpenteur photographe. L’appareil plus souvent en main qu’en bandoulière, il s’adonne au portrait de proches, de connaissances ou d’inconnus.
Mais il aime aussi développer une approche particulière d’un thème, d’une matière et, là, plus encore, c’est sa sensibilité de photographe qui s’imprime sur le papier ou sur l’écran d’ordinateur. Benoît Dochy peut juxtaposer dans une mise en page deux prises de vue et créer ainsi une image poétique à lire, comme le font les poètes avec les mots.

Jacky Legge

 

 19ème édition: Jean-François Urbain

Jean-François Urbain vient d’être distingué coup sur coup lors de deux concours. Il a obtenu le Prix international 2016 du Prix Artistique de la Ville de Tournai pour une série de clichés montrant en plongée des plateaux avec les reliefs de fin de repas.

Il avait présenté des photos de caravanes et d’autres logements précaires au Prix Georges Berteloit, à Antoing. Ce qui lui valut le deuxième prix.

L’exposition à l’Escaudoir permet de découvrir d’autres explorations de ce photographe installé à Quevaucamps.

Jacky Legge

 

 

 18ème édition: Grégory Delescolle

Grégory Delescolle (Gosselies 1982) s’est formé à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, ce qui lui a permis de découvrir la ville aux cinq clochers. Il s’est tellement attaché à la Cité qu’il a décidé d’y habiter d’une manière permanente, même si sa vie professionnelle l’a amené dans son pays d’origine, la région de Charleroi. Il habite dans un appartement au quai Taille-Pierre, le long de l’Escaut.  De ses deux fenêtres juxtaposées, il observe le fleuve qui change constamment de physionomie au gré de la météo. Il a décidé de fixer ses moments changeants en focalisant son appareil photo sur le bout du cours d’eau en face de son domicile. Ces variations, Grégory les enregistre dans la mémoire de son ordinateur. Ensuite, il retravaille les cadrages, sans modifier les couleurs. Il réalise des tirages sur un papier délicat qu’il maroufle sur le bois. Les variations de l’Escaut démontrent bien qu’il ne s’agit pas d’un « long fleuve tranquille », non, il s’imprègne de son environnement, des constructions sociales qui le bordent et des bateaux qui passent.

L’imaginaire de Grégory se reflète dans celui de quatre auteurs qui s’en sont inspirés pour des incursions poétiques : Louise Flipo, Hugo Fontaine, Marianne Kirsch et moi-même. Une belle manière de mettre cette exposition au diapason de Ville en poésie.

Jacky Legge

17ème édition: Marjorie Van Den Hauwe

Camera360_2014_9_17_093641Marjorie Van Den Hauwe, Bruxelloise, est venue se former à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Elle est aujourd’hui animatrice à Arrêt 59, le centre culturel de Péruwelz. Elle a acquis une intéressante maison moderniste à Kain, dont elle a modifié l’intérieur en recréant des volumes, avec « la lumière qui entre d’un côté et qui sort de l’autre ».

Marjorie est à la fois photographe, dessinatrice et graveure. Elle prend le train quotidiennement pour se rendre au travail. En novembre 2014, elle s’est mise à photographier les intérieurs de wagons qui ont vécu et revécu ; novembre, parce que la lumière est particulièrement belle. Elle a braqué l’objectif sur les traces intérieures ou les débordements de graffs barbouillés sur les parois extérieures du wagon, mais qui mangent les coins des vitres. Des actes de vandalisme, mais qui prouvent aussi la vie. Marjorie nous montre le quotidien que nous avons tendance à oublier par la succession des jours, par la routine des trajets répétés.

J. Legge

 

 

 16ème édition: Barbara Dits

Connue pour son travail photographique, documentaliste dotée d’une esthétique rigoureuse, Barbara Dits s’attaque à l’urbanisme du quotidien. Ces photos transpirent une solitude inquiétante. Frontales, les images nous tutoient et nous impliquent dans des pérégrinations, dans ces “pourquoi” qui hantent les paysages, la touchent et nous questionnent.

« Pump Up » part du constat de la disparition progressive des stations-service. Techniquement, l’artiste éprouve le désir de sortir de ses sentiers battus. Elle procède à l’acquisition d’un Holga et part sur les routes hennuyères à la recherche des anciennes pompes à essence ou de leurs traces. En ressort un questionnement sociologique sur le tarissement des petits métiers et la confirmation d’un intérêt pour le désuet.

J. Legge

 

 

 15ème édition: Bernard Bay

du 21 mars au 20 juin 2015

photo Bernard Bay

Bernard Bay a été professeur de photographie à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, avant d’en devenir le directeur. Venant d’Hornu, il a choisi de vivre à Tournai, rue As-Pois. Avec Fabienne Foucart, il anime des ateliers photo à la Maison de la Laïcité, dont un objectif est l’approche personnelle d’un quartier de la Cité. Au sujet des photos sélectionnées pour l’Escaudoir, Bernard Bay précise que : « Ma conception personnelle de l’exercice de la photographie m’amène à rapporter le plus harmonieusement possible ce que je vois sans apprêt ni manipulation. De voyages en Italie, j’ai rapporté ces photos souvenirs et de mes voyages dans l’industrie, j’ai rapporté ces témoignages visuels de l’activité humaine. Photographier aujourd’hui, c’est constituer les archives de demain. Photographier les gens c’est transgresser le regard sous lequel ils vivent. Capter l’instant de liberté qu’autorise un déclic. Le corps se met en scène pour une reconnaissance qu’il sait être fugace et sans doute dérisoire. Il pose son savoir dans un geste de fierté ramassée. Tout est présence et distance, ironie et gravité. Je parle aussi de ces contraintes où nous sommes de débusquer, avec toujours d’autres images, ce qui nous serait advenu.

J. Legge

 

 14ème édition: Jérémy Moncheaux

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du 21 décembre 2014 au 20 mars 2015

Jérémy Moncheaux (Haubourdin, F, 14 novembre 1978) vit à Lille. Il a abordé les Arts appliqués au Lycée Saint-Vincent-de-Paul, à Loos, avant de s’inscrire en graphisme et illustration à l’Institut Saint-Luc Tournai. Il a suivi les cours de Yannick Carlier, Philibert Delecluse et Sylvanie Maghe.

Il explore les techniques du dessin : fusain, crayon fusain, pierre noire, mine de plomb. Il maroufle régulièrement le papier sur le bois, ajoutant un peu de mystère au support.

Actuellement, Jérémy traite surtout du paysage en noir et blanc. Il s’agit de sites transformés par l’homme : chemin, pylône…, mais dont il est absent. Le spectateur le ressent, malgré son absence, comme s’il venait de partir ou qu’il allait arriver. Le temps semble suspendu. Quelque chose va arriver, mais quoi ? A chacun sa réponse.

Jérémy s’inspire de lieux du Nord, « là où je vis ». Il aime montrer ce qu’on ne regarde plus, par la force de l’habitude. Il nous rend attentifs à nous-mêmes.

J. Legge

 

 13ème édition: Fabienne Foucart

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du 21 septembre au 20 décembre 2014

Professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, Fabienne Foucart (Lessines, 1964) est connue pour ses peintures et ses dessins. Depuis quelques années, la plasticienne s’adonne également à la photographie. Elle traite le paysage pour sa géométrie, mettant en évidence, les volumes, les lignes, les surfaces, les couleurs.

Pour l’opération Art dans la Ville 2014, Fabienne Foucart a réalisé un nouveau reportage consacré à la batellerie sur l’Escaut.

Le regard du spectateur sera attiré d’abord par le jeu des formes et le rapport des couleurs, rien n’est laissé au hasard. Mais ces clichés sont aussi un regard, une réflexion quant à ce métier particulier indissociable d’une vie sociale et familiale toute aussi particulière, les deux étant imbriqués pour n’en faire qu’un. Être marinier, c’est se déplacer sur l’eau, mais aussi se mouvoir dans un espace et un temps différents de la plupart des autres travailleurs.

J. Legge

 

 12ème édition: Luc Leblanc

photo oeuvre Luc Leblanc

du 21 mars au 20 juin 2014

Luc Leblanc est né à Lille, en 1989. Il a étudié l’architecture d’intérieur à l’ESA Saint-Luc, à Tournai. C’est ainsi qu’il a découvert la Cité scaldienne. « Avec cette ville médiévale et la cathédrale qu’on aperçoit de très loin, on remonte le temps », dit-il.

Dès ses quatorze ans, il pratique le collage en découpant dans les magazines de mode. Sa technique s’est progressivement affi

née et personnalisée, encouragé en cela par ses professeurs de Saint-Luc, dont plus particulièrement Christophe Lezaire.

Depuis 2012, Luc Leblanc a introduit des torsades dans ses découpes, ce qui lui permet de mêler plusieurs images que l’on percevra différemment selon le point où le spectateur se place. Il aime confronter des images colorées de Paris Match ou d’anciennes BD à des cartes marines, des partitions, des pages de livre… Certains collages peuvent suggérer le mouvement.

La première exposition personnelle de Luc Leblanc a eu lieu dans l’éphémère galerie La Maison, à deux pas de l’Académie de Tournai. Il a un dépôt de collages à la galerie lilloise L’Espace du Dedans, qui vient de le présenter lors d’Art Up, la foire d’art contemporain deLille, en février 2014.

Un bel univers qui invite le public à se glisser dans les découpes pour s’inventer sa propre histoire.

J. Legge

 

11ème édition: Réjean Dorval

du 21 décembre au 20mars 2014

Réjean Dorval est né et a grandi au Canada. Enseignant-chercheur de sociologie à l’Université Paris XII, il se rapproche de Tournai. Il s’y installe en 2001, s’inscrit aux cours du soir de l’Académie, en 2004 (sculpture et dessin). Il franchit la rue, pour participer aux cours du jour en dessin donnés par Saskia Weyts.

En 2007, au rez-de-chaussée de son domicile, rue Bourdon Saint-Jacques, Réjean Dorval inaugure une galerie spécialisée dans le dessin, la Twilight Zone Gallery, rebaptisée depuis peu Drawing Box. Il organise des résidences, des stages, soutient des créations plastiques…

Si, comme plasticien, il explore des disciplines aussi diverses que le dessin, l’installation sonore, la vidéo et l’animation, il est présent, ici, à l’Escaudoir, avec des œuvres sur papier au graffite ou aux crayons de couleur.

Il offre des scènes et des lieux de son enfance : la maison en bois de ses grands-parents isolée dans une clairière, des moments de la vie de famille où les personnes ne sont traitées que dans leur contour, un peu comme « la photo argentique qui apparaît progressivement dans le bain du révélateur », selon sa propre expression.

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Quand il s’inspire d’une photo issue d’un album de famille, le premier souvenir manifeste en suscite d’autres qui transforment le cliché en un dessin plus porteur de sens, de sentiments.

Une série de croquis couleurs sont nés d’une bande de film super 8 d’un inconnu, mais qui reflète tellement ce que Réjean a vécu durant son enfance qu’il se l’est appropriée.

Un gamin est dans l’eau. S’amuse-t-il ou est-il dans une situation de danger ? Au spectateur de se prononcer, pour lever l’ambiguïté.

Ailleurs, deux adultes dans la mer. Se taquinent-ils ou sont-ils en pleine lutte ? Même incertitude.

Regardez, insinuez-vous dans l’histoire pour mieux vous l’approprier.

Réjean parle de lui et nous raconte.

J. Legge

10ème édition: Priscilla Beccarri

du 21 septembre au 21 décembre 2013

L’univers de Priscilla Beccarri (Menin, 1986) est constitué de princesses pas trop jolies, pas trop heureuses… Elles se sont échappées de mauvais contes avec des loups voraces ou alanguis. D’autres fois, il s’agit d’intérieurs de maisons orphelines de tout habitant. Ces architectures intimes participent de géométries improbables, tandis que les scènes animées sont teintées d’un humour régulièrement grinçant. Ici et là, apparait une femme qui balaie pour combler l’ennui ou pour chasser de trop lourds souvenirs.

Priscilla dessine sur des papiers communs d’imprimerie qu’elle traite avec des couches de vernis successives. Le procédé jaunit et amincit le support pour le confondre quasi avec des papiers gras qui ont trop vécu.

Elle aborde aussi le tridimensionnel en moulant ses propres jambes. « Si l’exercice n’est pas périlleux, il n’est pas non plus fort aisé », dit-elle en souriant. Les membres moulés vont être mis en situation. Pris en photo ou placés dans l’environnement, ils peuvent déborder d’un meuble, d’un sac, d’une valise… ce qui évoquera immanquablement les faits divers qui bousculent notre quotidien. Pourtant les images produites entrainent plus le sourire que des haut-le-coeur.

A l’Escaudoir, Priscilla présente également un court métrage* et des objets qui ont servi d’accessoires. Une cliente est servie, mais les aliments ne souhaitent pas être engloutis ; débute alors une course poursuite avec des couverts, un canard de faïence ! Suite à l’image…

Elle évoquera, enfin, un autre support : le collage en milieu urbain sur des espaces abandonnés, inoccupés. Une manière d’intégrer la poésie dans l’environnement.

L’artiste maitrise des disciplines diverses qu’elle utilise pour matérialiser des univers qui nous concernent et qui nous déconcertent.

* Travail réalisé en collaboration avec Sophie Doco, étudiante en Master 1 Illustration, à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai.

J. Legge

 

 9ème édition: Coralie Cardon et Pierre Stievenart

du 21 juin au 20 septembre 2013

Coralie Cardon et Pierre Stievenart sont tous deux photographes et en ont fait leur travail au quotidien. Ils forment un couple, et sont installés à Blandain.

Leur appareil photographique est aussi outil de création, d’expression personnelle.

Coralie Cardon s’est, ainsi, focalisée sur les gens du voyage qui se sont sédentarisés à Belœil. Le point de départ était un reportage pour le journal Le Soir avec la journaliste Caroline Dunski , qui consacra un article à « ces personnes qui sont restées nomades, dans leur tête et dans leur cœur, même si elles ont épousé des non-voyageurs », selon son expression.

Pierre Stievenart a été sensible au « scandale du cheval dans les lasagnes ». Il s’est penché, dès lors, sur les circuits courts de la distribution alimentaire. Il a photographié les producteurs-commerçants, ceux qui permettent d’avoir un rapport avec la viande qui provient d’un animal, qui est découpée, pesée et emballée devant le client. Ses photographies mettent en évidence le travail de l’artisan passionné par son métier.

Les deux univers photographiques remettent, chacun, l’humain au centre des préoccupations. Un regard à partager.

J. Legge

 

8ème édition: Jean-Marc Donnez – une expression de l’urbain

du 21 mars au 20 juin 2013

Jean-Marc Donnez s’est formé à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Il a bénéficié d’une exposition d’envergure au Foyer socioculturel d’Antoing, sa ville natale, accompagnée d’une belle monographie. Il poursuit une création artistique cohérente depuis plus de vingt ans. Toujours une virulence dans les traits. Une expression de l’urbain et de la société faite de lendemains qui déchantent. Le rock se devine en musique de fond.

Jean-Marc utilise essentiellement des matériaux bruts de coffrage, de cloisons provisoires. Selon les moments, il peut arracher des éléments du support, inciser celui-ci plus ou moins profondément. Il dégage des personnages figés dans un mouvement ou explore l’abstraction.

La figuration puise son inspiration dans des classiques du cinéma ou dans le quotidien des prostituées, des boxeurs… En observant des créations suspendues aux cimaises, vous pouvez repérer sur la surface de l’oeuvre un gant de boxe ; vous recherchez, ensuite, l’avant-bras ou le torse et vous distinguez, finalement, le visage du sportif. Vous constatez que le boxeur est prêt pour en découdre. Vous avez l’impression d’être l’adversaire et attendez le gong pour vous ressaisir. Un mollet, et le spectateur cherche la cuisse, trouve le torse. La fesse permet de mieux percevoir le sexe. Quelquefois, le corps s’anime, et la main devient caresse. Ces éléments figuratifs se détachent plus ou moins explicitement de la composition. Le panneau peut se transformer en matrice qui, imbibée d’encre, donnera naissance à une gravure.

Jean-Marc Donnez accroche ses œuvres, sans titre,sans explication ; c’est au spectateur de s’approprier les tableaux en s’y projetant.

J. Legge

7ème édition: Caroline Léger

du 21 décembre au 20 mars 2013

Originaire de Linselles, en France, Caroline Léger est diplômée en stylisme à l’ Institut Saint-Luc ,Tournai, et en photographie à l’Institut Vauban, Ath. Depuis quelques années, elle habite dans une maison néoclassique, rue Duquesnoy, à Tournai. Elle a aménagé sa pièce de séjour dans l’ancienne salle de danse avec le parquet en bois et le long miroir caractéristiques de ces lieux. Une verrière y disperse une lumière de qualité. Caroline Léger explore une belle diversité de supports. Elle est photographe et s’adonne tant au reportage qu’à la photo de création. Elle est conceptrice textile. Elle a ainsi confectionné des costumes de confréries qui se démarquent des autres lors du Carnaval de Tournai. Elle réalise des installations végétales à partir de germes de tournesol, de millet, de lin.
Une partie des photographies présentées à l’Escaudoir confrontent justement les germes aux couleurs opalines à des pages jaunies d’ouvrages anciens aux typos bien caractéristiques. Une mise en relation de l’ancien et de l’établi avec le naissant et le fragile. Les autres vues ont été captées à la sauvette dans les locaux à l’abandon des Horizons Nouveaux, à Froyennes. Caroline Léger fige sur le papier la mémoire des lieux (un lit ou une armoire à la dérive, des lambeaux de tentures…) et les assauts du temps, du vandalisme ! Aujourd’hui, sans oublier hier.

J. Legge

 

6ème édition: Faezeh Afchary et Marie-Line Debliquy

du 21 septembre au 20 décembre 2013

Faezeh Afchary et Marie-Line Debliquy, deux femmes, une image de la diversité.

La première, Iranienne, est tombée amoureuse de Tournai, après avoir quitté son pays natal et avoir vécu en France et en Grande-Bretagne. Elle a poursuivi sa formation de céramiste à l’Académie des Beaux-Arts (cours du soir). Elle a transformé une maison ancienne, y aménageant un appartement personnel très lumineux et, au rez-de-chaussée, un atelier de céramique – galerie. Elle est omniprésente dans le tissu culturel de l’Eurométropole et participe à la dynamique d’Unimuse, l’association littéraire du Tournaisis.

Marie-Line Debliquy est originaire de Braffe, aux abords de Péruwelz. Elle se forme au cours du jour de l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, auprès de Christian Rolet, Alain Winance… Elle est responsable un certain temps des expositions au Foyer culturel de Péruwelz, avant de devenir professeur – conférencière de la même Académie. Elle est régulièrement présente à Tournai pour des raisons professionnelles, amicales et de curiosité culturelle. Elle a choisi de vivre dans la fermette familiale, à Braffe. Elle est plutôt casanière, sans qu’on puisse parler de repli, pour autant.

Un élément relie ces deux femmes aux tempéraments différents : l’écriture, qu’elles traitent, chacune à sa manière, dans leur parcours de plasticienne.

Faezeh intègre des extraits de poèmes de feu son époux dans de délicats objets du quotidien en porcelaine blanche. Le mot et la trace sont souvent au centre même du propos de Marie-Line. Ils évoquent le souvenir lointain  ou proche.

Le projet L’Art dans l’Assiette les réunit dans une production commune : un porte couvert en céramique renfermant un bout de papier couvert de mots.

J. Legge

5ème édition: Claude Ginion

du 21 juin au 20 septembre 2012

Claude Ginion (Mouscron, 1er mars 1939) s’est formé à l’architecture à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, avant de poursuivre ses études à l’Académie de Bruxelles, ce qui fut une tradition dans la Cité des Cinq Clochers, pour qui n’optait pas pour l’Ecole Saint-Luc.

Il sera architecte et professeur de cette discipline à l’Académie de Tournai.

Depuis toujours, il est attiré pour la peinture qu’il pratique en autodidacte, mais à Bruxelles, il aime observer les techniques d’étudiants en peinture tels Jan Sanders ou Frédéric Dufoor. Il est très attiré par l’abstraction lyrique de Georges Mathieu et l’action painting de Jackson Pollock.

Petit à petit, Claude Ginion va créer son style : une peinture essentiellement figurative, très colorée où le bleu domine. Il commence souvent par le visage, puis improvise. Il peint directement sur la toile, sans dessin préparatoire, sans tracé préalable sur le lin. C’est ce qui différencie ce hobby du dessin d’architecture. La pratique de la peinture lui procure un sentiment de liberté. La toile terminée, « tu peux remettre une couche, si cela ne te plait pas ! Les repentirs disparaissent… ». Ce n’est pas possible sur un plan.

La surprise, le décalage sont souvent présents dans la composition. Ainsi l’emblématique Dernière Cène réinterprétée par Claude Ginion. Un disciple est assis, un chapeau d’indien sur la tête, un autre, des lunettes sur le nez. Jésus, lui, joue au 421. La toile est surmontée d’une petite horloge digne de la gare de Perpignan, tandis qu’un avion est perdu entre les colonnes qui or

ganisent discrètement l’agencement symétrique de la toile. Un insecte incongru est au pied de la table. Des croix vertes attendent votre interprétation. Claude Ginion n’en affirme aucune, au contraire.

Certaines constructions tournaisiennes intègrent un volet artistique, alliant les deux passions de Claude Ginion. Il en e

st ainsi du grand hall de l’Ecole du Château ou de colonnes dans la cour des Mutualités socialistes, rue Barre-Saint-Brice.

J. Legge

 

4ème édition: Bruno Gérard

du 21 mars au 20 juin 2012

Les peintures de Bruno Gérard (Somain, 6 janvier 1958) se reconnaissent aisément par le sujet et l’économie de moyens : le noir et le blanc, quelquefois de minuscules taches rouges. Un tube de couleur à l’huile noir, un pot d’acrylique blanc, un pinceau n° 2 et un second n° 3. C’est tout. Des traits noirs occupent la surface blanche. L’huile se pose sur les six ou sept couches d’acrylique. Le plasticien ne veut pas maîtriser le processus de création, ne pas explorer une technique donnée avec le risque de la répétition. Il a ajouté un outil ; le cutter. En effet, pour certaines oeuvres, il vient griffer ou lacérer la toile. Il peut même la chiffonner, avec les superpositions de couches de couleurs, et révéler ainsi des éléments enfouis, cachés. Maîtrisé dans une certaine mesure, l’aléatoire est intégré à la création.

La visite du Musée de la Mine de Lewarde, non loin de Douai, fut déterminante. Autant il a eu longtemps le sentiment de n’être de nulle part, autant, aujourd’hui, il se sent du Nord. Il a découvert le travail de la mine avec les hommes au fond des veines et les femmes sur les terrils. Avec le bruit, le vacarme constant, les mineurs ne pouvaient se préserver des éboulements et des autres dangers par l’ouïe. Il fallait recourir à d’autres astuces : les murs étaient peints de blanc, ce qui permettait de détecter par la vue les chutes anormales de charbon ou les signes avant-coureurs des coups de grisou ravageurs. Bruno Gérard trouve des similarités dans le travail des mineurs et sa pratique actuelle de la peinture : le blanc et le noir, les couches, les coups de griffes,… Bref, une oeuvre abstraite qui dissimule une histoire.

J. Legge

 

3ème Edition – Virginie Stricanne

du 21 décembre 2011 au 20 mars 2012

Née à Mouscron en 1966, Virginie Stricanne vit à Herseaux. Elle s’est formée à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Elle est lauréate de plusieurs prix importants.

Peintre, elle travaille ses toiles lentement, par couches successives. Elle part généralement d’un chaos qu’elle traite avec des fonds de couleurs. Elle étale la peinture à l’huile avec des pinceaux, des brosses, des plaquettes en plastique, des racloirs, selon l’effet qu’elle désire ou la matière qu’elle choisit.

L’artiste est tributaire de la réalité, elle a sous la main des encyclopédies Larousse aux gravures désuètes, des romans illustrés de Jules Verne, des livres consacrés à la mythologie, à la magie, à l’alchimie ou à l’ésotérisme, des ouvrages de photographies de paysages d’Écosse, d’Irlande et de Bretagne, des albums Tintin,…Ils encombrent l’atelier. Des photocopies de détails agrandis débordent de volumes fermés sur leurs mystères.

Qu’elles soient petites ou grandes, il faut explorer les compositions de Virginie Stricanne, s’aventurer dans ses paysages escarpés, tumultueux. Ils accumulent falaises, gorges, brèches, gouffres,… Vous fixez un point de repère et vous avancez du regard. À chacun de s’inventer son échelle de grandeur ; le cours d’eau deviendra fleuve, le monticule, montagne, le sentier, route sauvage. Vous risquez de vous égarer, de glisser, de tomber. Il faut s’accrocher, éviter les éboulements et cheminer.

Si le ciel apparait, il est souvent lourd, chargé. Vous pouvez aussi pénétrer dans les entrailles de la terre.

Les tableaux de Virginie sont des géographies bousculées. Ils sont comme une carte chiffonnée, sans noms pour se repérer et reconnaitre des paysages déjà visités.

J. Legge

 

2ème Edition – Olivier Sonck

du 21 septembre au 20 décembre 2011

Les cris/L’écrit
Les parents taisent/Les parenthèses

Enfant de Montrœul-au-Bois, au  Pays des Collines, Olivier Sonck est né à Tournai en 1971. Il s’est formé à la gravure et à l’impression à l’Ecole Supérieure des Arts plastiques et visuels à Mons. Il a obtenu plusieurs distinctions :

1994 : Prix au concours “Larguez les amarts” Plan K, Bruxelles 2001 : 2ème prix de la Triennale de l’Affiche politique, Mons
2003 : Prix artistique Hainaut occidental de la Ville de Tournai, à la Maison de la Culture de Tournai
2010 : Prix artistique international de la Ville de Tournai, à la Maison de la Culture de Tournai

Les mots des livres/Les mots délivrent
Portes et plinthes/Porter plainte

Olivier Sonck est connu et reconnu comme graveur. Il attaque la plaque de métal à l’acide avant de l’enduire d’encre et de presser la feuille de papier Arches afin de garder une empreinte de son oeuvre. Il a illustré des ouvrages de Michel Voiturier (Ed. Tandem, 2005), Pascal Leclercq et Pierre Furlan (Ed. Esperluète, 2005 et 2011).
Il est moins connu comme jongleur de mots. Il les saisit comme autant d’objets, les saucissonne, colle des morceaux, joue avec leur reflet et leur attribue une nouvelle composition. De plus, Olivier Sonck
manie sens et contresens. Il bouscule notre rapport conventionnel avec les néologismes. Il nous invite à repenser notre relation au langage, afin que nous passions d’usagers du mot à celui d’acteurs. Le graveur devient graphiste ou artisan imprimeur, explorant les graphies, donnant une chair, un caractère aux lettres.

De temps à autre, le mot change de support ; il quitte la feuille de papier Japon ou de Chine, pour s’inscrire dans des blocs de savon d’Alep ou être embouti dans des plaquettes métalliques.

J. Legge

1ère Edition – Alain Winance “La rencontre du ciel et de la mer”

du 2 juin au 17 septembre 2011

Alain Winance (Tournai, 1946) dessine la mer et le ciel. Le ciel surtout. Yves Gervais, un ami cinéaste qui a proposé de réaliser un court-métrage, fait observer à Alain que son regard porte peu sur la mer, qu’il a plutôt tendance à observer le ciel. En effet, ce sont les ciels qui impressionnent Alain. S’il est bleu, Alain ne ressent pas la pulsion de prendre le crayon ou l’encre et il les troque pour la canne à pêche. Le ciel est plus lourd que la mer. C’est le jeu qui se noue entre les deux masses qui crée une tension. Cette tension est capitale. Oui, c’est bien le ciel et ses atmosphères qui guident la main. Un champ agité par le vent avec quelques oiseaux dans le ciel pourrait suffire, ou une montagne. La mer n’est pas indispensable.

J. Legge

Alain Winance est représenté par la Galerie 2016 (rue des Pierre, 16 à 1000 Bruxelles, tél. 02 502 81 16)

 

“Le Silence”, huile sur toile, 2010, 100×130 cm. Photographe: Luc Schrobiltgen